Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde ». Camus, Les Noces.
jeudi 9 juillet 2009
dimanche 24 mai 2009
quarante huitième voeu
Plus c’était un baiser
Moins les mains sur les yeux
Les halos de lumière
Aux lèvres de l’horizon
Et des tourbillons de sang
Qui se livraient au silence.
Paul Eluard
Moins les mains sur les yeux
Les halos de lumière
Aux lèvres de l’horizon
Et des tourbillons de sang
Qui se livraient au silence.
Paul Eluard
mardi 28 avril 2009
Le carnet d'or, Doris Lessing

C'est avec une immense curiosité que j'ai ouvert le Carnet d'or de Doris Lessing. Une curiosité de jeune femme qui s'interroge l'oeuvre sacrée par le prix nobel de littérature en 2007. The Golden Book a souvent été présenté comme un livre sur la guerre des sexes. Si Doris Lessing était effectivement une féministe engagée, le gros pavé complexe que forme ce livre dépasse considérablement l'enjeu féministe. C'est d'ailleurs pour cette raison que les femmes d'aujourd'hui, non pas celles qui combattaient pour leurs droits dans les années 70, peuvent encore lire ce livre, le comprendre, et s'en nourrir.
La question de la guerre des sexes est belle et bien présente. C'est sans doute l'aspect le plus lourd et le plus négatif de l'oeuvre : une femme, Anna, ne cessera pas de se débattre (plus qu'elle ne se bat) avec les hommes. Lessing ne livre là aucune analyse radieuse, possiblement enrichissante des rapports hommes-femmes. Mais il faut se rappeler qu'il a été écrit à une autre époque, celle où les femmes ne considéraient pas comme des acquis le droit à la sexualité libre, au célibat, à la contraception, au pouvoir. La leçon est rude pour une jeune femme de 2009. Le carnet d'or s'inscrit précisément dans cette période de lutte entre les hommes et les femmes, période transitoire, peut-être inévitable, pendant laquelle les femmes ne pouvaient s'affirmer que dans la revendication, la violence même.
Le roman questionne tout autant l'engagement politique puisque Anna, la protagoniste, se débat entre ses aspirations profondes et son adhésion au Parti Communiste. Lessing s'interroge sur les raisons de l'engagement politique, ses méandres, ses tensions. Elle souligne la terrible difficulté de faire coïncider ce en quoi nous croyons individuellement et l'action collective. Anna est donc à la fois une femme, une artiste et communiste en crise. "Crise", le terme est galvaudé aujourd'hui. Il ne faut pas l'entendre au sens le plus pauvre, celui que nous entendons quotidiennement : il ne s'agit pas d'une crise, c'est-à-dire d'un mauvais moment à passer, d'une difficulté. Non, Anna est un personnage de conflits qu'elle ne parvient pas à résoudre. Personnage malade et paralysé. Le roman rend compte de cette complexité dans une structure non linéaire: une nouvelle, "Femmes libres", est à chaque fois entrecoupée par les notes des carnets que tient Anna, à chaque carnet étant associé une certaine nature de faits. L'un des carnets recueille même le synopsis d'un roman qu'elle écrit. Le carnet d'or raconte à la fois l'histoire d'une femme en démultipliant les points de vues sur elle et en donnant l'image d'un livre en train de s'écrire. De nombreux lecteurs reprochent à cette écriture son caractère déroutant, voire éprouvant. Doris Lessing, certains livres ne nous ouvrent pas leurs portes à vingt ans, mais le feront à quarante. Il me semble pourtant que le carnet d'or peut rester inaccessible à certains lecteurs. Il s'agit en effet d'une écriture analytique, répétitive. L'écriture du journal est lancinante, elle vise à libérer. Le journal est souvent considéré comme un moyen d'expression, de libération. Le carnet d'or prouve qu'il n'en est rien. Il prouve que le journal répond à la peur du chaos, de la fuite. Les carnets d'Anna lui permettent de régler les événements de la vie, de les séparer, d'en avoir une vision claire. Ils lui permettent de cacher ce qu'elle pense, de se dérober. A travers l'écriture du journal, elle s'analyse à un point proche de la folie, le carnet devenant un compagnon indispensable, tenu caché, indissociable de l'être. Les carnets d'Anna sont la manifestation de l'ambivalence de l'écriture de l'intime: un poison et un remède à la fois.
Anna tient donc quatre carnets. Le noir, qui constitue son carnet d'auteure. Elle y évoque les sources de son unique roman, frontières de guerre: son séjour de plusieurs années en Afrique, pendant la guerre. Elle y décortique les relations avec les autres membres du groupe d'intellectuels dont elle fait partie. Anna consigne dans le carnet rouge les événements politiques, il s'agit du carnet de la femme communiste. Le carnet jaune contient le roman qu'elle tente d'écrire, roman qui n'est pas sans rapport avec sa propre vie, et nous parle d'Anna, indirectement. Le carnet bleu contient les rapports des consultations d'Anna avec une psychanalyste. Elle y analyse ses relations amoureuses. La lecture est donc doublement compliquée puisque non seulement l'analyse y est poussée à ses limites, mais cette analyse est divisée. On comprend que ce roman puisse repousser certains lecteurs: il est le fruit d'une intellectuelle et au fond, seuls les lecteurs pratiquant eux-mêmes une analyse aussi poussée et sans fin d'eux-mêmes et des choses le liront sans être déroutés. Il est cependant possible de ne lire que la nouvelle, de lire ensuite les chapitres de chaque carnet par couleur pour une lecture plus linéaire. Ce livre permet de nombreuses expériences de lecture. Il faut beaucoup d'endurance pour traverser ce livre et nous ne ressortons pas indemnes de cette traversée. D'abord parce qu'une telle écriture sollicite notre réflexion sans arrêt, sans repos; ensuite parce que le constat du roman est amer : l'engagement politique y est illusion, les histoires d'amour désastreuses. Mais c'est indéniablement une expérience intense : chaque page provoque les questionnements et les réflexions. Il s'agit d'un des rares livres qui dépassent l'expérience littéraire pour constituer une profonde expérience personnelle. Ce roman est très long et il ne gagnerait pas à être plus bref. Précisément parce que sa longueur permet de rapprocher la temporalité du lecteur et celle d'Anna. Sa longueur montre à quel point la quête d'identité de cette femme est un parcours pénible, lent, fastidieux, répétitif. Ceux qui tiennent un journal comprendront mieux la nécessité d'une telle longueur de texte : il n'est rien de plus pénible, d'obsessionnel, d'entêté que l'écriture d'un journal (du moins, lorsque l'écriture n'a pas qu'une fonction mémorielle). Lessing montre bien que l'écriture n'est pas un évidement de soi et de ses émotions mais un débat, une lutte avec soi-même, portée par le désir d'absolu, le désir de s'accorder au réel et d'être parfaitement soi. Plus qu'un roman féministe ou un roman politique, le Carnet d'Or plonge au coeur de la quête de l'identité dont l'envers est constitué par les désirs de conquêtes collectives.
vendredi 27 mars 2009
quarante septième voeu
vendredi 20 mars 2009
19 mars 2009
Pour certains, la politique du gouvernement est une politique lucide et dépourvue d'idéologie : leurs réformes seraient les solutions uniques et indispensables à la crise que traverse notre pays.
NOUS LEUR OPPOSONS UNE AUTRE LUCIDITE: AU LIEU DE VOULOIR PRESERVER UN SYSTEME QUI LEGITIME L'INEGALITE, NOUS VOULONS EN CHANGER!
LES SYSTEMES QUI REPOSENT SUR L'EXPLOITATION ONT FAIT LEUR TEMPS!
LA SOUFFRANCE, LE TRAVAIL, NE SONT PAS LES MOTS DU PROGRES.
"L'AVENIR SERA BEAU", HUGO.
vendredi 27 février 2009
L'homme et le ciel

L'université Paris 7 a inauguré hier l'année de l'astronomie par une conférence intitulée "la Terre vue du ciel et le Ciel vu de la Terre". L'astrophysicien Pierre Léna et le géophysicien Didier Massenet ont donc dialogué autour de ce vaste thème. Je précise qu'il s'agit de rencontre ouvertes au public. Malheureusement, l'amphithéâtre était loin d'être plein. Si les réseaux fonctionnent bien au sein de l'université, le grand public ignore que ce type de manifestation a lieu, et c'est réellement dommage pour ceux qu'intéressent la physique et l'astrophysique. Comme toujours, Pierre Léna est limpide et passionnant, en tout cas pour une simple amateur. Malgré la complexité du sujet, les deux intervenants ont posé des questions fondamentales.

D'abord, celle de l'interdisciplinarité. Nos disciplines sont désormais cloisonnées, on isole les scientifiques des littéraires. Plus encore, les étudiants déserteraient les études scientifiques. En fait, ce sont les études disciplinaires scientifiques qui sont désertées, les écoles de commerce, d'ingénieur, d'agro ou d'industrie n'ayant aucune peine à attirer les étudiants. Pourquoi? Comme le soulignait Pierre Léna, l'astrophysique est lié à la philosophie, à la question de l'être et de l'origine. C'est en cela qu'elle se rapproche de l'art. Tous les intervenants ont ainsi tenté de répondre brièvement à cette question: "A quoi ça sert?". Parce qui notre curiosité et notre soif d'apprendre nous porte à certains questionnements, d'autres n'ont malheureusement ni le luxe ni le temps de le faire.

Pierre Léna, désormais à la retraite, est un homme admirable justement parce qu'il n'est pas qu'un scientifique. C'est un homme qui pense la science. Le résultat scientifique va plus loin que lui, il est toujours relié à l'histoire, à la pensée. Son propos était de brosser un tableau de l'évolution de la vision du ciel au fil des âges. Il rejoint à certains égards celui de Koyré dans son ouvrage du monde clos à l'univers infini , car il montre à quel point les révolutions scientifiques nourrissent les évolutions philosophiques et inversement.
Didier Massenet quant à lui, a abordé les question de l'observation de la terre depuis le Ciel, sujet aussi intéressant. Le grand paradoxe que l'on retient de tout cela, c'est que l'astronomie a permis de mieux comprendre notre terre. Et autre paradoxe, souligné par Pierre Léna: le géophysicien regarde la surface de la terre, donc le présent, l'astronome, lui, regarde dans le passé. Et c'est peut-être ce qu'on souhaiterait comme progrès : avoir des nuits moins lumineuses, et que chacun puisse au moins une fois dans sa vie regarder dans le passé.
Il est des enfants qui n'ont jamais vus d'étoiles. Nous sommes loin du progrès.
page de Pierre Léna:
l'université paris 7 organise de véritables soirées d'observations ouvertes à tous: l'occasion de regarder le Ciel en plein Paris:
mercredi 25 février 2009
A la recherche d'un temps perdu...


Terence Davies signe là un très beau film sur Liverpool, la ville de son enfance. Un film nostalgique, poétique, conduit par une voix profonde, par une présence véritable. Un film sur la perte qui enchantera les plus âgés et que le regard neuf de nos jeunes années viendra faire briller. Le film n'est nourri que par la nostalgie, c'est dommage : s'il montre ce qui faisait la poésie d'un monde désormais englouti, il reste aveugle à la beauté du présent et aux promesses de nos jours à nous. Terence Davies ne parvient pas vraiment à faire le deuil de cette ville qu'il a connu, c'est-à-dire de son enfance. Tout ce qu'il y avait avant était mieux, semble t-il nous dire. Les choses ont changé, et non son regard. Terence Davies peint là le gouffre du temps à travers la vision d'un espace, d'une ville, en ruine : mon esprit s'incline devant tant de beauté et ma jeunesse s'insurge face à tant de nostalgie. Le film est poétique et éblouissant. Mais j'aurais envie de lui dire que c'est aussi au regard de changer, de louer la poésie passée et de construire celle du présent, de lui dire que les crépuscules des uns sont les aubes des autres.

quarante sixième voeu
"Mais alors ils s’en allaient, dansant dans les rues comme des clochedingues, et je traînais derrière eux comme je l’ai fait toute ma vie derrière les gens qui m’intéressent, parce que les seules gens qui existent pour moi sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, la démence de discourir, la démence d’être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent, qui brûlent, pareils aux fabuleux feux jaunes des chandelles romaines explosant comme des poelles à frire à travers les étoiles et, au milieu, on voit éclater le bleu du pétard central et chacun fait : "Aaaah !"
Jack Kerouac, sur la route, les clochards célestes
"Eden à l'ouest" de Costa Gavras

Le dernier film de Costa-Gavras divise la critique : d'un côté, dans le Figaroscope, on affirme que c'est un film manqué et qui passe à côté de son sujet. Comment serait-il possible qu'ils en pensent autre chose lorsqu'il s'agit d'un film qui, précisément, va à l'envers de la politique d'immigration actuelle? Libération et le canard enchaîné sont beaucoup plus enthousiastes et soulignent à quel point le film serait à projeter dans les salles dorées de l'Elysée et des ministères. La portée politique de ce film est donc évidente et guide les critiques, quand bien même elles se prétendent de pures critiques cinématographiques. C'est sans doute la première vertu de ce film que d'envisager l'immigration clandestine d'un autre point de vue que celui du "bon sens" de nos ministres. 

Le film a évidemment des défauts, dont un qui n'est pas négligeable: une fin trop prévisible. Une "conclusion" qui n'en est pas une, celle d'un homme qui restera sur le territoire français, perdu, seul, sans papiers, au milieu d'autres hommes, qui restera un illégitime et un étranger.
Quelques critiques reprochent au film son trop plein de bonnes intentions. Je ne partage pas cet avis. Il n'y a pas de bonnes intentions dans ce film, ni même de moralisme. Il ne s'agit pas de montrer un homme entouré de méchants. Prendre le parti d'un immigré clandestin, en faire le protagoniste d'un film n'a rien "de bons sentiments". Mais certains considèrent que seuls les bons sentiments, le manque de réalisme et la méconnaissance des situations politiques permettent ce genre de parti pris. Oui, ce film n'a rien d'objectif, et il faudrait plutôt nous en réjouir, nous qui vivons dans cettesociété consensuelle qui s'est faite à l'idée "qu'on ne peut pas accueillir tout le monde". Il s'agit d'un préjugé absurde, d'une évidence que Costa-Gavras balaye d'un revers de main. Car il pose les vrais questions. Il montre que "l'identité nationale", "l'intégration" sont des voiles qui cachent une intolérance à l'autre et qui ne trouve aucune justification.

Elias, l'étranger que certains appellent "alias", quitte la mer Egée pour aller à Paris. Personnage presque muet, drôle ou dramatique, effectue un périple à travers un club de vacances pour gens aisés, rencontre un certain nombre de personnes: routiers, couple, femmes, sdf, sans oublier nos policiers parisiens... Je passe sur toutes ses aventures, plus ou moins réalistes. Cet espèce de "road movie" oscille toujours entre gravité et légèreté, drame et burlesque. Quelques critiques, encore, ont souligné l'aspect irréaliste du film. Assurémment, la succession de déboires, de malheurs, la motivation du voyage, ne sont pas réalistes. Mais qu'importe. Ce qui compte, c'est la vérité du propos et non le réalisme, qui ne donne pas nécessairement les clefs de compréhension du réel. Un des fils conducteurs du film est la magie. Elias a rencontré un magicien excécrable mais apparemment agréable parce qu'il fait rire la galerie, et qui lui donne sa carte. Il l'invite à venir le voir à Paris s'il vient à y passer. Elias décide donc d'aller à Paris. Cette rencontre est aussi étrange qu'intéressante: il s'agit bien de montrer qu'Elias poursuit un vain rêve, un rêve de paillette. Ce magicien lui a mis de la poudre aux yeux...

Mais il ne s'agit pas du point de départ du film. Le commencement, si je puis dire, c'est la mer Egée. Elias s'y trouve dans une barque, en compagnie d'autres immigrés. Ce début est d'une importance capitale: Nous ne savons pas d'où vient Elias, ni où il va, rien ne nous est jamais dit de ses compagnons et de ses souvenirs. C'est donc bien étranger qui nous fait face, un homme qui n'a plus ni papiers, ni identité, ni mémoire. Un homme qui a tout laissé derrière lui. Tout au long du film il est presque muet, puisqu'il n'a plus de langue pour les autres. Et jusqu'au bout il restera un étranger que nous plaignons, parce qu'il se heurte à la cruauté des autres, et dont nous rions, parce qu'il est maladroit, qu'il ne comprend pas.
Quant à moi, je ne comprends pas que l'on puisse dire que ce film passe à côté de son sujet. Costa Gavras n'est pas tombé dans les deux travers les plus fréquents: l'idéalisme et le manichéisme. Bref, ce film est une fable, non un rapport ministériel, on s'en réjouit. Une fable amère et légère qui montre, pour reprendre les mots de Victor Hugo, que l'immigration "est une espèce de longue insomnie".

mercredi 18 février 2009
quarante cinquième voeu
« La barbarie moderne porte l’armure des anciennes brutalités de l’obscurantisme religieux. Les dieux que l’on croyait fatigués se remettent à hurler vigoureusement sur l’homme contemporain. Les bourrasques vantent l’ombre et la nuit. Résister, c’est protéger les lumières. Protéger la lumière, c’est la muscler avec détermination, respect, délicatesse et patience et entretenir l’infini nuancier de sa diffraction. Il s’agit d’une base d’envol poétique conçue comme une arène, circulaire comme le premier des théâtres, elle est le lieu du chant des langues, elle est un rendez-vous de l’homme avec sa parole, celle-la même qui nous a dressé debout et nous maintient, courageux aux aboiements de la férocité. L’Homme ne se capture pas. »
Olivier Comte
lundi 16 février 2009
"Gerboise bleue" de Djamel Ouahab

Il s'agit du tout premier film sur les essais atomiques français en Algérie. Comme tous les très bons documentaires dérangeants, "Gerboise bleue" n'est diffusé que dans 4 salles en France! Rien d'étonnant à cela: le film apporte un témoignage sidérant et assommant sur les essais nucléaires français, effectués de manière totalement irresponsables. Le film fait appel à des témoignages d'anciens militaires notamment, lesquels ont été priés de ne pas dévoiler des choses encore secret défense par l'armée française.
Je retranscris ici les propos contenus dans la brochure du film puisqu'il disparaitra probablement dès la semaine prochaine des écrans.
Synopsis:
Gerboise Bleue raconte l’histoire des vétérans français et des Touaregs algériens victimes des premiers essais atomiques français dans le Sahara de 1960 à 1966.Pour la première fois, les derniers survivants témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés.Pour la première fois, je me rends sur le point zéro de « Gerboise Bleue », premier essai atomique français en atmosphère quatre fois supérieur à Hiroshima, interdit d’accès depuis 47 ans par les autorités algériennes.
Rappel historique:
"Gerboise bleue" est le premier essai atomique français effectué le 13 février 1960 dans le Sahara à Reggane en Algérie.
De 1960 à 1978, 30 000 personnes auraient été exposées dans le Sahara. L'armée française a reconnu officiellement seulement neuf irradiations. Aucune plainte contre l'armée ou le Comissariat à l'Energie Atomique n'a abouti. Trois demandes de commission d'enquête ont été rejetées par la comission de la défense nationale.
site du film:
vendredi 13 février 2009
L'UNIVERSITE EN GREVE MAIS DEBOUT

" Aujourd’hui, vendredi 13 février, les enseignants de l’UFR LAC, lors d’une assemblée générale ouverte à laquelle ont assisté de nombreux étudiants, ont décidé de prolonger la grève des cours jusqu’à une nouvelle AG mercredi 18 au matin.Les étudiants présents ont fait part de leurs questionnements et de leurs inquiétudes relativement à cette suspension des cours et au travail qu’ils pourraient fournir durant cette période.Pour y répondre, l’UFR convie tous les étudiants à venir rencontrer leurs professeurs, qui les informeront aussi bien sur le mouvement actuel, ses causes et ses modalités, que sur les travaux à accomplir pendant sa durée. D’autre part, et comme la semaine précédente, un ensemble d’ateliers est mis en place, auxquels chacun est cordialement invité à participer.
Les rendez-vous, pour la semaine, sont les suivants :
Lundi 16 février, à l’initiative de l’ UFR LCAO
9h00-10h30 : Halle aux farines 226C projection du documentaire « L’Université, le grand soir » (collectif Sauvons la Recherche)
13h30-15h00 : même salle, par Stéphane Feuillas : « Une journée bizarre : La première grève d’étudiants dans l’ université chinoise, en 1057 »
15h00-16h30 : Grands moulins, 4°et. s 473C : Marie-Claire Laurent : « Liberté d’expression et contrôle social à l’université, au Vietnam et en France »
Mardi 17 février
10h00 Amphi 11 E Réunion d’information étudiants –enseignants de l’UFR
12h00 Amphi A1- AG étudiants et personnels de l’Université
15h 00: opération « Sortons des facs » : diffusion de tracts dans la ville et les gares
Mercredi 18 février : salle P Albouy, Gds Moulins, 6°
10h00 Atelier : le rôle et la place des Lettres et Sciences Humaines à Paris 7
14h00 (à confirmer) : suite de l’ Atelier sur la situation des Universités européennes : Italie, Grande Bretagne
Jeudi 19 février, salle P. Albouy
10h00 Florence Dupont : « Antigone ou le mythe de la résistance »
12h00 Atelier sur « Les emplois précaires et l’université », par plusieurs doctorants chargés de cours à l UFR
Après midi : grande manifestation des universités
D’autre part, et durant toute la durée du mouvement, des étudiants ont organisé des ateliers alternatifs permanents , voir le programme sur le site http://paris7atelier.blogspot.com/"
Les rendez-vous, pour la semaine, sont les suivants :
Lundi 16 février, à l’initiative de l’ UFR LCAO
9h00-10h30 : Halle aux farines 226C projection du documentaire « L’Université, le grand soir » (collectif Sauvons la Recherche)
13h30-15h00 : même salle, par Stéphane Feuillas : « Une journée bizarre : La première grève d’étudiants dans l’ université chinoise, en 1057 »
15h00-16h30 : Grands moulins, 4°et. s 473C : Marie-Claire Laurent : « Liberté d’expression et contrôle social à l’université, au Vietnam et en France »
Mardi 17 février
10h00 Amphi 11 E Réunion d’information étudiants –enseignants de l’UFR
12h00 Amphi A1- AG étudiants et personnels de l’Université
15h 00: opération « Sortons des facs » : diffusion de tracts dans la ville et les gares
Mercredi 18 février : salle P Albouy, Gds Moulins, 6°
10h00 Atelier : le rôle et la place des Lettres et Sciences Humaines à Paris 7
14h00 (à confirmer) : suite de l’ Atelier sur la situation des Universités européennes : Italie, Grande Bretagne
Jeudi 19 février, salle P. Albouy
10h00 Florence Dupont : « Antigone ou le mythe de la résistance »
12h00 Atelier sur « Les emplois précaires et l’université », par plusieurs doctorants chargés de cours à l UFR
Après midi : grande manifestation des universités
D’autre part, et durant toute la durée du mouvement, des étudiants ont organisé des ateliers alternatifs permanents , voir le programme sur le site http://paris7atelier.blogspot.com/"
samedi 31 janvier 2009
"Tour de monde, tour de ciel"
dimanche 21 décembre 2008
New York, New York

La vraie comédie musicale est de retour au théâtre du Châtelet avec On the town! Un petit tourbillon de deux heures de bonheur.
Trois marins de la Navy, Gabey,Chip et Ozzie, se retrouvent à New York pour une journée de permission. Ils ont 24 heures pour faire le tour de la ville et comptent bien les mettre à profit pour faire des rencontres. Gabey tombe amoureux de la nouvelle Miss Métro du mois de juin et vole sa photo, poursuivi par une ribambelle de policemen et une petite veille au parapluie. Il décide de la trouver avec l'aide de ses amis. Ils font d'abord la connaissance d'une conductrice de taxi, Brunhilde Esterhazy et de Claire Huddesen, étudiante en anthropologie. S'en suit une course à travers la ville. Et l'aventure, d'après une chorégraphie du grand Jérôme Robbins, est mise en scène avec légèreté et fraîcheur.

jeudi 11 décembre 2008
Lamartine: discours sur l'enseignement
"Eh bien ! la société est une religion aussi et, pour agir puissamment sur les hommes, avec les hommes, il faut qu’elle leur fasse aussi un symbole commun. Si, avant tout, ce principe est vrai, l’éducation commune est nécessaire ; elle est la conséquence directe, invincible de la destinée même de l’enfant.
En effet, Messieurs, en dehors de cette diversité de vocations et de carrières qui saisissent l’homme plus loin et plus tard dans la vie, il y a une grande et précieuse unité à observer, à conserver, à accroître, s’il est possible, entre tous les hommes, entre tous les enfants destinés à devenir contemporains, compatriotes, concitoyens d’une même famille, quoique devant occuper des rangs divers dans la nation, dans la société. Sans cela, vous aurez des hommes, vous aurez des individus, mais point de société, point de familles de peuples, point de nation. Vous aurez la juxtaposition d’une innombrable quantité d’hommes, vous n’aurez ni assimilation, ni solidarité, ni unité, ni nationalité.
Pour avoir cette assimilation, cette sympathie intellectuelle, cette incorporation des hommes avec les hommes qui forment la société, il faut indispensablement des idées communes entre eux. Il faut, qu’à leur entrée dans la vie ils aient sucé le même lait, Us soient devenus une même chair et un même sang, ils aient vécu d’abord quelque temps en communion complète d’enseignement et d’instruction ; et de plus, cette communauté des idées générales est tout ce qu’il y a de plus libéral et de plus démocratique au monde...
Cette inégalité des richesses et des conditions sociales, que la nature rend malheureusement inévitable, une société bien faite ne l’étend pas aux patrimoines intellectuels de ses enfants. Elle leur doit à tous une part égale, une part commune de ce fonds commun de civilisation, de morale, de lumière, qu’elle possède.
C’est là la seule loi agraire réalisable, ce partage du domaine intellectuel qui enrichit tout le monde sans appauvrir personne. Ce n’est que par une éducation commune que l’Etat peut le distribuer..."
(24 mars 1837.)
En effet, Messieurs, en dehors de cette diversité de vocations et de carrières qui saisissent l’homme plus loin et plus tard dans la vie, il y a une grande et précieuse unité à observer, à conserver, à accroître, s’il est possible, entre tous les hommes, entre tous les enfants destinés à devenir contemporains, compatriotes, concitoyens d’une même famille, quoique devant occuper des rangs divers dans la nation, dans la société. Sans cela, vous aurez des hommes, vous aurez des individus, mais point de société, point de familles de peuples, point de nation. Vous aurez la juxtaposition d’une innombrable quantité d’hommes, vous n’aurez ni assimilation, ni solidarité, ni unité, ni nationalité.
Pour avoir cette assimilation, cette sympathie intellectuelle, cette incorporation des hommes avec les hommes qui forment la société, il faut indispensablement des idées communes entre eux. Il faut, qu’à leur entrée dans la vie ils aient sucé le même lait, Us soient devenus une même chair et un même sang, ils aient vécu d’abord quelque temps en communion complète d’enseignement et d’instruction ; et de plus, cette communauté des idées générales est tout ce qu’il y a de plus libéral et de plus démocratique au monde...
Cette inégalité des richesses et des conditions sociales, que la nature rend malheureusement inévitable, une société bien faite ne l’étend pas aux patrimoines intellectuels de ses enfants. Elle leur doit à tous une part égale, une part commune de ce fonds commun de civilisation, de morale, de lumière, qu’elle possède.
C’est là la seule loi agraire réalisable, ce partage du domaine intellectuel qui enrichit tout le monde sans appauvrir personne. Ce n’est que par une éducation commune que l’Etat peut le distribuer..."
(24 mars 1837.)
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